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Réflexions sur l'impermanence et la mort par Matthieu Ricard



Chaque instant de notre vie a une immense valeur. Pourtant, nous laissons s’écouler le temps qui nous reste comme de l’or fin entre nos doigts. 

Quoi de plus triste que de se retrouver les mains vides à la fin de sa vie ? Sachons reconnaître le caractère inestimable de chaque seconde de vie. Soyons assez intelligents pour décider d’en faire le meilleur usage, pour notre bien comme pour celui des autres. 

Avant tout, dissipons l’illusion qui consiste à croire que nous avons “ toute la vie devant nous ”. Cette vie passe comme un rêve qui peut s’interrompre à tout moment. Consacrons-nous donc sans plus attendre à l’essentiel pour ne pas être rongés de regret à l’heure de notre mort. Il n’est jamais trop tôt pour développer nos qualités intérieures.

La nature éphémère de toute chose se présente à nous sous deux aspects : l’impermanence grossière - le changement des saisons, l’érosion des montagnes, le vieillissement du corps, les fluctuations de nos émotions - et l’impermanence subtile, qui se manifeste au niveau de la plus petite unité de temps concevable. À chaque instant infinitésimal, tout ce qui semble exister de façon durable change inéluctablement. C’est à cause de cette impermanence subtile que le bouddhisme compare le monde à un rêve, une illusion, un flux perpétuel et insaisissable.

Si la pensée de la mort doit sans cesse habiter l’esprit du pratiquant, elle ne doit pas pour autant le rendre triste ou morbide, mais au contraire l’inciter à employer chaque minute de sa vie pour accomplir la transformation intérieure à laquelle il aspire. Nous avons tendance à nous dire : “ Je vais d’abord régler mes affaires actuelles, mener à terme tous mes projets, et une fois tout cela fini, j’y verrai plus clair et pourrai me consacrer à la vie spirituelle ”. Mais en raisonnant ainsi, nous nous leurrons de la pire des manières, car non seulement notre mort surviendra infailliblement, mais le moment et les circonstances qui la provoqueront sont absolument imprévisibles. Toutes les situations de la vie ordinaire, le simple fait de marcher, manger ou dormir peuvent soudain se transformer en causes de mort. C’est ce que le pratiquant sincère doit toujours garder à l’esprit.

Au Tibet, les ermites qui allument leur feu le matin s’entraînent à penser qu’ils ne seront peut-être plus là le lendemain pour en allumer un autre. Ils considèrent même qu’ils ont de la chance si, après chaque expiration, ils peuvent inspirer de nouveau. La pensée de la mort et de l’impermanence est pour eux l’aiguillon qui les encourage chaque jour à poursuivre leur pratique spirituelle. 


Chemins Spirituels, Petite anthologie des plus beaux textes tibétains, Matthieu Ricard, NiL Editions

La petite espérance

C'est le petite lumière qui brille au fond du coeur
Et nul au monde ne saurait l'éteindre.
Si ton coeur est brisé, malheureux, éperdu,
Si ta vie est triste, monotone, sans saveur,
Si l'angoisse parfois et souvent te saisit,
La petite espérance est là, au fond de ton coeur
Qui va te permettre de remonter la pente.
Elle est le doux printemps qui surgit après l'hiver,
Elle est ta bonne étoile qui scintille dans le ciel,
Elle est le souffle du vent qui chasse les nuages...
Si tu te crois sans force, sans idée, sans espoir,
Tout au fond d'une impasse, dans le noir d'un tunnel,
Si tu n'as plus le goût à rien, ni même celui de vivre...
La petite espérance est encore là, au fond de ton coeur
Qui te donne du courage quand tout semble fini.
Elle est la goutte d'eau pure qui jaillit de la source
Le bourgeon qui permet à l'arbre de reverdir
La clarté du jour, là-bas, au bout de la nuit.
Merci d'être toujours là,
ma petite espérance,
tout au fond de mon coeur
Ma merveilleuse lampe magique
où je puise tous mes rêves,
Toi qui ne connais pas le mot fin.

Source Anonyme
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